LE PREMIER NOVEMBRE – LE JOUR DES MORTS

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Les petits monstres ont circulé dans les rues hier soir, c’était l’Halloween!  Il y a mortalité dans la famille et cette nuit j’ai rêvé de vieillir et de mourir. Avec tous ces squelettes, fantômes, monstres et vampires qui courent les rues, mortalité dans la famille, les requêtes de gens qui me consultent pour s’assurer que la transition de leurs proches décédés se fait bien, mon corps qui d’un côté rajeuni (grâce à ASEA !)  et de l’autre montre les signes normaux de vieillissement, un tel rêve est bien de circonstance.

Je me fais une joie d’écrire sur ce sujet merveilleux qu’est la mort, la peur et la décrépitude de la vieillesse.

Commençons par l’évidence. Pour que la vie puisse continuer, il faut mourir. Les feuilles tombent à l’automne, ils sont tous tombés ici, même les aiguilles des pruches ont jauni et sont presque toutes tombés. Ces feuilles deviennent compost et créent pour la saison suivante une nouvelle vie en nourrissant de leurs ingrédients et humus les nouvelles plantes.

Lorsque la vie utile d’une personne arrive à son terme dans la plupart des cas cette personne souhaite mourir. Son corps alors nourrit la terre et son âme alors se renouvelle dans la lumière. Si elle a été aimée et a aimé la terre mère, la terre nourricière, la mère patrie non pas dans le sens des frontières hypothétiques des pays, mais de celui de l’attachement à la terre nourricière qu’on perçoit comme notre véritable demeure, alors l’âme revient dans un nouveau corps pour continuer cette aventure merveilleuse de la vie. Cette réincarnation se fait souvent dans les enfants des enfants de nos enfants, et autrefois les gens savaient retrouver la mémoire des vies passées. J’ai retrouvé les mêmes techniques pour se souvenir des visages d’autrefois chez les Amérindiens et chez les anciens Védrus en Russie, les deux peuples qui pour moi incarnent la pureté des origines. (Voir cet article.) Ainsi, la vie continue non seulement sur la terre, mais aussi dans la conscience. Voilà une forme d’immortalité. En effet, si on se souvient de vie en vie de ceux avec qui ont a vécus et que l’on sait les reconnaître, si on sait se souvenir de l’essence des apprentissages qu’on a maîtrisés d’une vie à l’autre, alors oui, la conscience ne s’éteint pas, elle demeure, éternelle et immortelle.

Les bouddhistes tibétains ont démontré la validité de cela avec leurs tulkus, maîtres réincarnés, chefs religieux qu’à la mort leurs disciples les plus avancés suivent afin de retrouver leur réincarnation. Lorsqu’ils parlent du 14e Dalaï-Lama, c’est vraiment 14 fois la même âme dans des corps différents. Cette compréhension est vraiment très importante. Trop souvent nous nous identifions avec le corps physique plutôt qu’avec l’âme immortelle.

Aujourd’hui, dans ce désert qu’est devenue le paysage spirituel de l’homme moderne, il n’y a plus la conscience de l’âme, de l’esprit, que nous sommes beaucoup plus que juste un corps, que la conscience est reliée à l’intelligence primordiale du monde, ce que nous Amérindiens appelons le Créateur. Alors oui, la peur est là, la peur de la mort, car on ne sait plus que la conscience jamais ne meurt. Eh oui les chagrins et les deuils intenses qui ne trouvent pas de résolution, car on pense avoir perdu l’être cher pour toujours.

Mais voilà, si on savait les principes fondamentaux qui font que l’Homme est Homme (comme toujours ici Homme avec un grand H veut dire la femme et l’homme dans leur qualité divine, incarnations à l’image du Grand Esprit) la peur n’aurait plus raison d’être et on pourrait en fait retrouver la grand-mère dans la naissance de la petite fille, le grand père dans la naissance du petit fils. C’était normal autrefois de reconnaître, dans les traits de caractère des jeunes enfants, les arrière-grands-parents disparus. Souvent c’était les jeunes enfants eux-mêmes, qui avaient gardé le souvenir, qui nous informaient de qui ils étaient.

Il faut savoir aussi, malgré tous ce que vous raconte, que les gens autrefois vivaient beaucoup plus vieux et en bonne santé qu’aujourd’hui. C’est un jeu de statistiques qu’ils font en permettant à tous de vivre même contre leur gré, mais en mauvaise santé et avec des handicaps débilitants. Un enfant fortement handicapé autrefois ne survivait pas et sa transition n’était qu’un au revoir. La transmission génétique de vie en vie était ainsi toujours de haute qualité comme le veut la nature. Ainsi, dans certaines Premières Nations dans lesquels j’ai été formé la vie ordinaire d’un Homme en santé se situait entre 120 et 130 ans bien que certains réussissaient à vivre beaucoup plus longtemps. Ces réalités vous ont été cachées, mais les Premières Nations elles se souviennent ! Il y a encore de ces gens qui sont très vieux. Beaucoup plus rares et ils se cachent, car ils savent que si le système les connaissait il les tuerait. Triste, mais vrai… Aussi, nous avions donc autrefois beaucoup plus de temps pour développer la conscience et voir les générations venir, partir et revenir.

La sagesse ancienne doit être réactivée pour que l’Homme puisse retrouver la santé dans son corps et dans sa conscience. Heureusement, même si nous sommes beaucoup moins nombreux aujourd’hui, certains d’entre nous avons conservé vivantes les anciennes traditions. Je prie pour que la conscience des Hommes s’éveille et que nos voix puissent à nouveau être écoutées.

Bon novembre à tous et toutes !!

Aigle Bleu

 

5 réflexions au sujet de “LE PREMIER NOVEMBRE – LE JOUR DES MORTS”

  1. Bonjour Aigle Bleu,
    Comme toujours, un texte qui nous rappelle des informations tellement importantes, humaines, naturelles, qui sont de bon sens.
    Nous avons tellement de peurs, qu’elles nous rendent aveugles.
    Le contact avec la nature est rassurant.
    Et nous pouvons y trouver sans cesse les réponses à nos questions.
    Tout est dans le subtile, c’est bien de le rappeler dans votre transmission.
    Tellement merci pour vos articles.
    Bien coeurdialement.

  2. bonjour
    merci pour ce beau texte
    le seul moment où je ne suis pas d’accord c’est quand tu dis qu’il y a moins de spiritualité à notre époque je pense que plein de gens se sont éveillés et se posent des questions sur l’avenir de notre Terre
    j’aurais voulu transmettre ce texte sur Facebook est ce possible ?
    merci beaucoup
    belle journée
    Cati

    • Vous parlez de spiritualité, autrefois tous était croyant, aujourd’hui beaucoup sont athées et ne croient qu’en la science qui curieusement leurs ment effrontément. Du temps de nos ancêtres amérindiens les pouvoirs spirituels étaient littéralement incroyables aujourd’hui il ne reste que quelques rares chamans et personnes médecines qui ont quelques pouvoirs surtout de guérison car les gens sont bien malades. Et oui vous pouvez partager allégrement ce texte sur FB ! 🙂 Et merci pour votre témoignage et opinion j’adore pouvoir continuer la conversation.

  3. Merci pour ces explications ,
    Je suis à la recherche d’une formation si cela existe pour accompagner les familles avant pendant et après un décès . On accompagne à la naissance mais rien pour accompagner à la mort , c’est étrange comme un dénis …
    Auriez vous quelque information?
    Merci encore pour toute cette sagesse partagée 😉

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