L’IMPORTANCE DES TRADITIONS EN CHAMANISME

L’IMPORTANCE DES TRADITIONS EN CHAMANISME

Par Aigle Bleu et Didier Rauzy

De nombreux débats ont eu lieu entre chamans sur l’importance, le poids et l’intérêt des Traditions. Tous les chamans consulté ont ceci en commun: ils représentent une ancienne tradition toujours vivante malgré les nombreuses persécutions, la volonté d’éradiquer les différences avec en corolaire l’uniformisation toujours plus présente de la mondialisation.

Pourquoi cette question se pose-t-elle ?

L’évolution du monde, l’évolution des sociétés, favorise l’émergence de nouveaux praticiens qui se disent chamans sans l’être, et qui ne se relient à aucune tradition et qui se réclament plutôt du néochamanisme, entres autres ceux qui se réfèrent à l’enseignement de Michael Harner. Cet homme a étudié les pratiques de nombreux chamans de différentes traditions et en a retiré un système épuré d’enseignement du chamanisme qui semble assez populaire, mais qui est controversé aujourd’hui surtout par les chamans traditionnels.

Alors, que penser de ces deux courants actuels ; lequel sera plus à même de favoriser l’émergence du nouveau monde plus juste et pourquoi la tradition est-elle si importante quand on parle de chamanisme ? La langue française est la langue sacrée solaire et la sémantique en est un de ces aspects essentiels (tout ce qui est nommé se met à vibrer dans l’univers et toute erreur ou perversion du nommé créera des distorsions dans notre monde de la matière), vous comprenez donc toute l’importance de la controverse actuelle et la nécessité d’en comprendre les mouvements et les interactions dans les mondes subtils. La clarté, le lien, l’union et l’harmonie appartiennent à la lumière, la confusion et la séparation ainsi que la discorde favorisent l’ombre

Comme base de réflexion à cette démarche, il est nécessaire de comprendre un aspect important et essentiel du chamanisme. Le chaman voyage sur les plans subtils non matériels et, souvent, son premier voyage dans ces mondes non ordinaires consiste à traverser la mort d’où il revient après quelques minutes, quelques heures ou même quelques jours (eh oui, c’est même documenté). Il peut également choisir de traverser des souffrances intenses où l’esprit choisit de quitter le corps. Certains milieux en psychologie et psychiatrie appellent cela EMI ou NDE en anglais – Expérience de mort imminente ou Near Death Experience. Dans les nations autochtones, il y a toujours des conteurs et une mythologie importante (tous les secrets et les connaissances anciennes sont codés dans les mythes fondateurs).

Ces mythes (le mot mythes en français donne en numérologie le nombre 142857 qui est un nombre magique et sacré et qui correspond exactement au nombre d’éruptions de l’hélium à la surface du soleil en 24 heures*) et légendes souvent décrivent les êtres qui habitent les mondes subtils et définissent précisément le trajet par lequel le chaman voyage ; cette codification est la même dans toutes les traditions et correspond à une « carte routière » très précise établie par les anciens des traditions et connue par les chamans de ces lignées. C’est pour cette raison que lors de ces EMI les gens vont reconnaître des éléments traditionnels des contes dans leurs voyages. À leur retour ils vont pouvoir raconter ce qu’ils ont vécu à un chaman d’expérience.

Celui-ci pourra alors évaluer si cette personne est la bonne personne pour assumer le rôle de chaman. Si oui, elle commencera alors son apprentissage. Il est toujours plus facile de faire un voyage sur les plans subtils si on en a déjà fait l’expérience.

Par contre, dans le cas d’une personne qui fait l’expérience d’une EMI mais qui n’appartient pas à une société traditionnelle chamanique (toutes les nations autochtones vivant au sein de la nature sont des sociétés chamaniques, c’est universel partout sur terre) alors souvent la personne n’a aucun souvenir de son voyage. Pourquoi ? Parce qu’elle ne sait pas appréhender ce qu’elle voit. La réalité non ordinaire est tellement différente de celle du monde ordinaire que le mental ne sait pas saisir ce qu’il voit. Notre compréhension du monde est régulée par nos croyances. Nous avons plusieurs fois constaté par exemple des phénomènes spirituels et physiques extraordinaires se produire et les gens près de nous ne rien voir du tout. Pourquoi ? Simplement parce ces choses dans leurs croyances sont impossibles, c’est pour cela que leur mental les ignore ou les rejette ; la science moderne parle de « cécité cognitive ».

L’appartenance à une tradition donne une force énorme, car elle ancre la personne dans une lignée ancestrale. Un des plus gros problèmes que les gens ont aujourd’hui c’est qu’ils sont déracinés, perdus, ils n’ont pas de repères qui leur permettent de comprendre le monde dans lequel ils vivent. C’est une des causes du grand nombre de suicides chez les jeunes, nouveau phénomène qui afflige les populations civilisées actuelles. En effet, sans repère ni enseignement qui permettent de comprendre le monde, et vivant au sein d’une société technocratique qui n’a aucune logique, qui détruit le monde naturel qui donne la vie, évoluant dans un monde régit principalement par l’argent et le profit, il est trop difficile de comprendre et donner un sens au monde dans lequel ils évoluent. La mythologie moderne c’est Star Wars et Avatar, mais ces histoires ne sont pas trempées dans une tradition et leur symbolisme n’a pas été purifié et enrichi par des générations de conteurs. Au contraire, elles ont été conçues pour faire de l’argent, principal moteur des activités au sein de la société technocratique et source de la plupart des problèmes modernes.

Le chaman évolue donc au sein d’un monde multidimensionnel qui comporte une sagesse ancestrale et une compréhension des rouages spirituels du monde. Il a appris les rouages psychologiques qui gouvernent la vie intérieure, conjugale, familiale, communautaire et spirituelle du clan, du groupe d’humain et des gens qu’il accompagne. Cette vision multidimensionnelle lui donne accès à une multitude d’énergies, de concepts, d’esprits et de totems qui lui permet de toujours avoir l’outil adéquat pour aider ceux qui viennent vers lui ou de résoudre les problèmes rencontrés par le groupe d’humain dont il a la charge. Il sait aussi reconnaître ce qu’il ne sait pas faire… Chaque chaman connait l’ensemble des pratiques chamaniques et a choisi (ou les Esprits ont choisi pour lui) une (ou plusieurs) spécialité(s) qu’il a appris et qu’il partage avec d’autres dans sa tradition. C’est pourquoi ils sont parfois appelés hommes et femmes de pouvoir. Car ils sont véritablement puissants, mais en général, assez humbles. C’est tout à fait différent dans ce qui se passe chez ceux qui se réfèrent à un chamanisme sans tradition.

La tradition a cet avantage d’avoir codifié les rituels et les communications qui permettent à la communauté de rentrer en relation avec le chaman. Les chamans sont en général des gens assez spéciaux avec des comportements qui sortent souvent de la norme. La folie sacrée du Heyoka ou clown sacré ne serait pas comprise dans la société moderne, mais dans les sociétés traditionnelles elle suscite un fou rire libérateur qui amène guérison et joie. Elle permet aussi de laisser une place importante, oh combien importante, au conteur, qui est quasiment plus important encore que le chaman !

Être en présence d’un véritable conteur est toujours un honneur chez les Amérindiens des plaines où Aigle Bleu né. Il doit toujours être abordé avec grand respect et il faut lui laisser une place prépondérante, car il porte la sagesse millénaire du peuple.

Dans sa formation Créons le Monde, Aigle Bleu ne prétend pas former des chamans, ce qui serait impossible dans un tel contexte. Il forme des praticiens chamaniques, qui utilisent les mêmes techniques, mais qui acquièrent ces habiletés par une pratique spirituelle intense et quotidienne. Après quelques années de pratique, des initiations confèrent l’éveil au pouvoir chamanique. Les enseignements sont accompagnés de contexte : des légendes, des mythes, des histoires, des expérimentations qui donnent les bases nécessaires à la compréhension de ce qui est transmis. Il appelle cette approche, « la voie initiatique », qui existe d’ailleurs chez tous les peuples amérindiens bâtisseurs de temples : Cherokee, Hopis, Apaches et Mayas.

Avons-nous répondu à la question de l’importance des traditions ? Peut-être pas encore suffisamment ; allons voir dans la nature ce qui se passe.

La nature, pour ceux qui savent l’observer, nous donne des clés essentielles pour répondre à cette question complexe en apparence. La nature grâce à son évolution plus longue que celle du règne humain (rappelons que dans l’ordre sont apparus les règnes du minéral, du végétal, de l’animal puis de l’humain qui doit encore trouver sa juste place dans cette gigantesque organisation). La nature, en apparence désordonnée, possède pourtant une structure extrêmement élaborée que l’homme a copiée depuis des millénaires pour construire des temples basés sur la logique mathématique de la nature. Il s’agit de la géométrie sacrée qui utilise tout simplement les lois fondamentales qui ont régi la construction de la nature et continuent à la régir.

Au niveau des mathématiques nous allons essayer ensemble de comprendre une partie de ces lois : la suite de Fibonacci et le nombre d’or : 1,618. Ce nombre intervient dans la construction du pentagone régulier. Ses propriétés algébriques le lient à la suite de Fibonacci et permettent de définir une « arithmétique du nombre d’or », cadre de nombreuses démonstrations mathématiques.

Observez attentivement la suite de Fibonacci :

1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610, 987, 1597

Que remarquez-vous ? Que chaque chiffre est toujours la somme des deux chiffres précédents !

Dans les anciens enseignements du Tao, il est dit que quand le 1 est arrivé sur terre et qu’il a voulu évoluer ensuite ; la seule possibilité était de se retourner pour cela. Or en se retournant il n’y avait rien (le zéro) donc l’évolution suivante a été : 1 + 0 = 1. Quand ce nouveau 1 a voulu évoluer, il a lui aussi utilisé cette même règle, seulement en se retournant il s’est vu lui-même donc 1 + 1 = 2, et quand ce 2 a voulu grandir il a fait pareil : 2 + 1 = 3, et ainsi de suite : 3 + 2= 5, 5 + 3 = 8, 8 + 5 = 13, 13 + 8 = 21

La deuxième loi, qui découle de la première, c’est que si on divise deux chiffres consécutifs de la suite de Fibonacci on retrouve toujours le nombre d’or (1,618).

Allons voir ensemble de plus près, approchez-vous encore :

Dans un fruit, une fleur ou une graine : les écailles ou étamines s’organisent en deux ensembles de spirales. L’une qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, l’autre dans le sens inverse. C’est parfaitement visible dans le tournesol, la marguerite, la pomme de pin, etc. Ces spirales sont logarithmiques, et systématiquement le nombre des spirales dans le sens des aiguilles d’une montre (sens cosmique) et celui en sens inverse (sens de rotation de la Terre autour du Soleil) sont les termes successifs de la suite de Fibonacci. La spirale qui tourne dans le sens de la terre correspond toujours au chiffre le plus élevé de la suite.

Sur l’exemple ci-dessous de la pomme de pin, nous avons 8 spirales tournant dans le sens des aiguilles d’une montre et 13 spirales tournant dans l’autre sens. 13 : 8 = 1,618.

pine cone

Pour le Tournesol nous avons au niveau des capitules : 233 étamines dans un sens, 144 dans l’autre, qui correspondent là aussi à notre suite de Fibonacci, et 233 : 144 = 1,618 (le nombre d’or). Et le plus fort, c’est que cette loi se retrouve aussi au niveau des spirales : 34 spirales dans le sens terrestre et 21 spirales dans le sens cosmique, et nous avons encore deux chiffres consécutifs de la suite de Fibonacci 34 : 21 = 1,618 !

marguerite

Voici la Marguerite : Elle possède 21 spirales d’étamines qui tournent dans un sens et 13 dans l’autre, et 21 : 13 = 1,618.

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Pour les arbres nous avons le même processus mathématique ; la première année, il y a une branche qui pousse, la deuxième année 1 branche souvent dans le prolongement de la première, la troisième année 2 branches, puis 3, puis 5 et ainsi de suite. Vous comprenez bien que si on taille un arbre sans avoir cette conscience on va le fragiliser et il développera alors de nombreuses maladies qui à terme peuvent le faire mourir…

tree-branches-fibonacci.jpg

À la lumière de cette loi fondamentale qui régit toute évolution sur cette terre, il semble tout à fait logique qu’elle régisse aussi l’évolution de notre humanité. C’est-à-dire que si la société actuelle moderne veut évoluer, elle est obligée, suivant en cela la suite de Fibonacci, de se retourner vers les modèles sociaux précédents que sont les anciennes traditions ! Les sages anciens le savaient : ou nous évoluons ensemble ou personne n’évolue…

Tant que ce grand passage n’est pas fait, il est impératif de maintenir une représentation vivante du système social précédent qui se nourrit de la tradition ancestrale. Si jamais les traditions ancestrales disparaissaient avant le stade d’évolution suivant qui est très proche maintenant, nous ne pourrions pas réaliser le passage et nous basculerions alors dans une loi d’involution qui est contraire aux lois universelles d’évolution, ce qui serait dramatique pour l’humanité…

À la lumière de cette réflexion, les néo chamans sans tradition sont représentatifs de la société dite moderne qui fonctionne sur une conscience d’indépendance, alors que les chamans porteurs de traditions perpétuent les anciennes traditions dans une conscience de dépendance ou d’interdépendance. À ce niveau-là, c’est correct et semble somme toute logique, le débat n’en reste pas là, en effet il y a un autre paramètre de taille à prendre en compte et à analyser…

Rapprochons-nous du nommé : au début était le verbe, et tout ce qui est nommé se met à vibrer à l’infini dans la création.

Le verbe permet d’asseoir les énergies, et de cristalliser en quelque sorte les énergies subtiles en énergies plus denses d’incarnation. Si le verbe est juste, c’est-à-dire en cohérence avec les lois universelles, la réalisation sera harmonieuse, unifiée, belle et rayonnante. Si, à contrario, le verbe n’est pas en correspondance avec les lois universelles, alors il se crée une distorsion au moment de la mise en « matière » qui engendre une disharmonie, de la discordance, de la confusion et de la séparation ; source des maux présents aujourd’hui sur notre Terre.

Le mot chaman (ou d’autres appellations l’ayant précédé) et ce qu’il représente aujourd’hui dans l’inconscient collectif, est en résonance avec ce qu’il porte depuis la nuit des temps, d’où la capacité du chaman à avoir accès beaucoup plus facilement aux autres mondes et aux autres dimensions ainsi qu’aux esprits des lieux ou des éléments. Ceci est possible parce qu’il y a cohérence avec les lois universelles que nos anciens ont comprises bien avant nous et nous ont transmises, d’où la grande importance des initiations, rituels de passage et de transmissions.

L’utilisation de ce même mot par des personnes certainement de grande qualité aussi, mais n’ayant pas la même définition fondamentale, entrainent des situations chaotiques et perverses (même et surtout à leur insu) puisqu’il n’y a plus de correspondance avec les lois universelles. Si les représentants du néo chamanisme trouvaient ou créaient un mot qui les définissaient plus précisément, ils se reconnecteraient alors aux lois cosmiques universelles et pourraient créer une nouvelle lignée d’êtres debout et droits où tout reste à inventer puisqu’il n’y a pas d’antériorité, mais surtout ils pourraient imprimer dans la matière les changements dont ils sont les représentants…

Le besoin de reconnaissance chez les humains est tel qu’ils ont absolument besoin d’être identifiés avec quelque chose de connu. C’est beaucoup plus difficile de créer du nouveau. Pour cela, le critère fondamental de cette aptitude est le passage de l’individualisation au niveau de l’individuation qui est bien définie par C.G. Jung comme étant un élargissement de la sphère du conscient qui ne mène pas à l’isolement, mais à une cohésion collective plus intense et plus universelle…

Le développement de l’individuation consiste à conquérir son autonomie et son indépendance de toutes structures antérieures, sinon on ne fait que copier/coller les concepts et les programmes qui nous ont été inculqués ou que l’on a choisi de récupérer…

C’est donc au niveau du nommé que se situe le problème aujourd’hui, et cela crée une grande confusion autant dans le monde des énergies que chez les chamans et les néo chamans, mais aussi dans le public.

Par cette réflexion et ce message, nous invitons fraternellement les chamans n’étant affiliés à aucune tradition d’utiliser un mot universel autre que le mot chaman qui puisse représenter parfaitement les nouvelles énergies de transformations dont ils sont les porteurs et dont notre monde a également besoin aujourd’hui.

Lumière, Paix, Joie et Amour

Aigle Bleu et Didier Rauzy

* Le chiffre 7 est le chiffre relié au divin par exemple l’iridium, qu’on appelle « or pur » parce que c’est le métal le plus résistant à la corrosion, se trouve juste au centre de la classification de Mendeleïev avec une masse atomique de 77. Tout chiffre divisé par 7 (autre que les multiples de 7 bien sûr) donne un développement décimal illimité en 142857.

Exemple : 19/7 = 2,7142857142857142857… Le chiffre approché de Pi, 22/7 = 3,142857

4 réflexions au sujet de “L’IMPORTANCE DES TRADITIONS EN CHAMANISME”

  1. Bonjour Aigle Bleu,
    Excuse moi d’utiliser cet article sur le chamanisme pour te transmettre cette requête.
    Il y a bien des lunes tu avais décrit l’attitude est le comportement à adopter en cas de contacts, ou signes de la part d’un esprit.
    Nous habitons une très vieille demeure depuis cinq ans et sans conteste, à diverses occasions ils se sont manifestés.
    Peux tu m’indiquer où je puis retrouver l’article sur le blogue, c’est à l’attention de Jeanne qui réside au moulin d’où je suis absent actuellement.
    D’avance merci,
    À bientôt,
    Aho Dumoulin

  2. « La deuxième loi, qui découle de la première, c’est que si on divise deux chiffres consécutifs de la suite de Fibonacci on retrouve toujours le nombre d’or (1,618). »
    C’est vrai approximativement uniquement à partir d’éléments de la suite suffisamment grand et exactement c’est la limite de la suite à l’infini. Par exemple: 13/8=1.625 et non 1.618.
    Le nombre d’or est la solution de cette équation: x²= x + 1. Il vaut exactement :
    {\displaystyle {\frac {1+{\sqrt {5}}}{2}}}

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