EST-CE QUE DIEU EXISTE ?

Le Grand Esprit, le Grand Mystère, Allah, Yahwé, Esprit de Bouddha, Ateshnahena, Gitche Manito, Dieu, il y a dans chaque peuple du monde ce concept, réalité, croyance et/ou dogme.

Mais est-ce qu’Il/Elle/Cela existe vraiment ?

La meilleure manière d’aborder ce sujet, je pense, est de vous partager mon expérience. On ne peut parler que de ce qu’on est/voit/éprouve si on veut rester vrai. Et la vérité est ce qu’on doit rechercher, car, dans ce monde en pleine confusion, guerres, souffrances et pollutions, la vérité revêt une extrême importance.

J’étais conscient de bien des réalités, avec une pensée indépendante, très jeune. J’ai des souvenirs de l’âge où je ne marchais pas encore et des pensées très claires sur des sujets d’importance dès mes quatre ans. À ma première communion dans l’Église catholique Les Saints Martyrs Canadiens à Saskatoon, en la province canadienne de Saskatchewan, j’ai vécu un moment de clarté tel que je demandai à mon père de m’amener à la communion chaque matin pendant plusieurs mois. Il m’amenait très tôt, avant son travail et l’école, dans différentes églises pour la première messe du matin. J’étais à chaque fois émerveillé des couleurs des vitraux, de la grandeur de la nef, de l’odeur incomparable de l’encens des églises et des gens qui priaient. C’était des moments de béatitude.

À l’âge de huit ans, je discutais avec un garçon de mon âge de la maison voisine et j’ai été pour la première fois exposé à une pensée athée. Comme la foi était au centre de ma vie, j’ai naturellement évoqué cela dans ma conversation avec lui. Mes voisins n’avaient aucune croyance et, en fait, ne croyaient pas en Dieu tel que ce garçon me l’a exprimé. J’étais ébahi, dans un grand étonnement. Comment pouvons-nous vivre dans ce monde sans ce sentiment de présence extraordinaire ?

Ma 2e interrogation sérieuse au sujet de la foi est venue lorsque j’ai reçu le sacrement de la confirmation. Selon les enseignements catholiques prodigués, cela nous ancrait dans notre foi et nous recevions alors les sept dons du Saint-Esprit. Ainsi, après cette cérémonie, je suis parti m’asseoir au pied d’un arbre et j’ai attendu les sept dons du Saint-Esprit. Rien n’est venu. Je suis resté avec une 2e interrogation en moi.

La 3e interrogation est venue lors de la puberté. Lorsque j’ai senti les pulsions sexuelles s’éveiller en moi, je ressentis un conflit qui n’avait pas de sens. C’était très clairement la volonté de la nature créée par Dieu qui s’exprimait en moi, mais c’était pourtant contraire aux principes, dogmes et attitudes puritaines et répressives de l’éducation catholique de ces temps-là. C’était trop. Après de mûres réflexions, à l’âge de 13 ans, je suis allé voir le prêtre de notre paroisse (nous étions alors à Repentigny dans la province canadienne du Québec) pour l’aviser que je quittais l’église pour découvrir en moi et dans le monde la nature exacte de la réalité.

Malgré cela, l’expérience de Dieu, ou plutôt de la présence ineffable qui se révélait par moments en moi, ne m’a pas quitté. Commença alors une recherche débridée tous azimuts, comme le vivent nombre d’adolescents. Mais cela ne s’est pas terminé à l’adolescence. À l’Université mes rêves m’ont révélé la présence de mes ancêtres autochtones qui ont continué à me parler lors de mes nombreuses marches dans les boisés du campus universitaire. J’ai fini par comprendre que je ne trouverai pas ma voie en continuant mes études de musique à l’Université. Alors, je suis parti sur la route avec ma guitare, un sac à dos et 15 $ dans mes poches. J’ai été parti deux ans. J’ai fait les mille coups. Mais ce sont mes rencontres avec les autochtones de diverses nations qui m’ont le plus inspiré. Pas encore les aînés, mais les jeunes de mon âge, aux prises avec les innombrables problèmes créés par le racisme, la répression policière, la pauvreté, l’alcoolisme, la drogue, sans domicile fixe au centre des villes canadiennes.

Je suis revenu au Québec, physiquement affaibli par toutes ces expériences d’errances, mais rempli d’une volonté de continuer à explorer la nature exacte de la réalité humaine. Je suis revenu pour un temps vers l’église pour m’aider à retrouver la sobriété. Pendant deux ans j’avais partagé toute la vie des autochtones avec qui j’ai vécu, alors j’avais bien des choses à guérir en moi. Après quelques années à tout faire dans l’église, à laver les planchers, à chanter les messes, les funérailles et à animer la chorale, j’ai pourtant rencontré la même attitude fermée, dogmatique et raciste qui n’était pas en accord avec la pensée chrétienne. Je me suis alors tourné vers le yoga, qui a été une grande découverte remplie de joie, beaucoup plus en accord avec ma compréhension de la spiritualité. Ensuite, j’ai rencontré pour la première fois une Aînée spirituelle autochtone. Ce fut la révélation ultime. Là, je trouvai la vérité. Là, lorsqu’on me disait que tel phénomène spirituel allait se manifester, il se manifestait. Et le Grand Esprit, le Grand Mystère, Gitche Manito, Ateshnahena, étaient au centre de toutes les pratiques.

Ainsi, depuis l’âge de 25 ans, je me suis immergé dans l’enseignement et la pratique de la spiritualité autochtone. Cela m’a amené au chamanisme et plus tard à la philosophie tibétaine.

Ma compréhension de cette conscience qui se nomme Dieu n’a jamais cessé de s’affiner et de se développer. Je comprends que mes premières béatitudes où je voyais la Présence dans Tout étaient justes. Dans chaque atome il y a une conscience, une présence, une intelligence qui est UN. C’est en fait impossible à exprimer avec des mots. La voie spirituelle du Dzogchen présente dans la pensée tibétaine l’exprime clairement et de manière répétitive : la nature exacte de la réalité de chaque chose est immuable, inexprimable, totale et en même temps vide. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut saisir avec la pensée discursive qui divise tout en sujet et objet, soit, moi et ce que je vois. En fait, il n’y a pas de différence. Mais cela ne peut pas s’acquérir par la pensée, mais bien par les moments précieux de béatitude où la présence se révèle. Un spiritualiste russe, Grigori Grabavoi, l’a exprimé dans une seule phrase : il n’y a pas de réalité objective en dehors de la conscience.

Mes expériences avec l’Église catholique m’ont aidé sur ce chemin. Malgré ses lacunes et un fond de tentative de contrôle pervertie, il y a du bon dans le fait qu’elle initie la pensée spirituelle. C’est l’autre aspect qu’on ne peut négliger ici et qui est fondamental à toutes les spiritualités justes et vraies. Il faut l’initiateur. Il faut l’enseignant, le guide, le gourou, le lama, l’Aîné spirituel. C’est une conscience, si on peut la nommer ainsi, qui se transmet d’une personne à une autre. On n’atteint pas cela dans le vide, mais bien dans ce que nos spiritualités autochtones et chamaniques nomment, Transmission. Mais ce n’est que le premier pas sur le sentier. La suite dépend de nous. Elle s’acquiert par la pratique spirituelle d’une voie juste et véritable. Soit, les anciennes traditions. C’est ce qui manque à la tradition chrétienne. Elle est encore toute jeune et trop dogmatique. Mais l’Enseignant, qui a initié cette spiritualité d’amour, est dans la justesse. J’utilise la conjugaison au présent dans la phrase précédente volontairement.

Je m’excuse si cet article est beaucoup plus long que d’habitude. Ce qui est abordé comme thème et le partage de ma propre expérience, je pense, nécessitaient bien cet espace pour donner un moment de réflexion vitale sur ce sujet d’une grande importance.

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2 réflexions au sujet de “EST-CE QUE DIEU EXISTE ?”

  1. Merci Aigle Bleu d’amener ce sujet qui m’a l’air tellement essentiel !…
    De mon expérience , Dieu est une évidence !.. Et JE SUIS UNE PREUVE VIVANTE DE SON EXISTANCE !..!!!
    En effet , sans rentrer dans les détails , en 2011 , j’avais 40 ans , j’étais , alcoolique , dépendant au cannabis , … , ma vie était un échec total !!…
    J’ai eu un reflexe qui m’a sauvé !! Je me suis un jour retrouvé au pied d’une statue de Marie , ma Mère de Dieu tel que je le connaissais , et je me suis mis en prière ;  » Regarde comme je suis !!! Je bois , je fume , je suis une cause de tourment pour ma mère !!!…  » Et c’est tout !! Je n’ai pas demandé d’aide , rien du tout !! Je me suis juste présenté , HUMBLEMENT !!
    10 jours plus tard , j’ai vécu un choc ( je me suis cassé la clavicule gauche !!!) , qui m’a servie d’électrochoc , … , et je suis passé de l’ombre à la Lumière !! Non sans mal !! Et ça a pris beaucoup de temps mais , grâce à Dieu , j’ai arrêté de boire , de fumer , je suis devenu végé , j’ai recommencé à aller à l’église et ma vie a pris une tournure bien différente !!…
    Le chamanisme et la lecture de ton livre , Le Sentier de la Beauté , m’ont apporté un éclairage nouveau , des années plus tard !! Et m’ont permis de continuer à cheminer sur ce Sentier de la Beauté que j’avais emprunté !!..
    Aujourd’hui , je suis remplie de Gratitude , de Joie , de reconnaissance et je m’émerveille sans cesse et je témoigne tan que je peux , de ce Grand Mystère qu’est la Vie , avec toute sa magie !!…
    Soit béni Aigle Bleu !!…!!!!

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