PURIFICATION KARMIQUE ET TRADITIONS AUTOCHTONES

Il y a eu une question intéressante d’une lectrice la semaine passée à la suite de mon article du WE. Est-ce que les Premières Nations d’Amériques avaient comme les Tibétains des outils spirituels pour purifier le karma?

Les Tibétains des cinq écoles bouddhistes sont d’extraordinaires techniciens du spirituel. Comme nous avons beaucoup de liens avec ce peuple et que leur spiritualité est parmi une des plus élevés du monde, comme leur territoire, nous trouvons utile et facile d’adopter leurs enseignements et leurs pratiques. Mais cette question m’amène à décrire les conditions et la philosophie de vie de nos nations.

Premièrement, qu’est-ce que le karma? C’est la loi de cause à effet. Chaque pensée, parole, geste et action plante des graines dans le tissu du monde. À l’exemple d’un gland de chêne, un jour ces graines mûriront et fleuriront, devenant beaucoup plus immenses que la semence d’origine. Donc, l’importance de semer de bonnes graines, celles qui mûriront en conditions et circonstances de nos vies qui sont favorables et agréables. Ainsi, l’importance d’agir avec bonté, compassion, équanimité, joie et sollicitude envers tous les êtres. Aussi l’importance de méditer sur ces vertus afin de les enraciner dans notre manière de vivre.

La purification de nos erreurs, mouvements de colères, jalousie, haine, et même des pires offenses, comme prendre la vie d’un autre être humain avant que ces graines mûrissent, est possible. Pour cela les Tibétains ont de nombreuses pratiques. Une des plus simples est en quatre étapes : Méditer sur les effets liés aux causes, c’est-à-dire être conscient des conséquences de nos mauvaises actions, ensuite le regret sincère de les avoir commis (et non pas la culpabilité qui est une déviation négative), la décision de ne plus jamais commettre de telles pensées, paroles ou actions, et enfin faire des gestes concrets pour réparer, c’est-à-dire faire amende honorable en pensée, en parole et en actions. Il y en a d’autres techniques bien sûr, c’est simplement la plus simple et la démarche de base de toute purification du karma négatif.

Mais pourquoi il n’y avait pas autant besoin des techniques élaborées que nous trouvons chez les Tibétains dans nos nations ? De par le mode de vie. L’importance de la vie communautaire, et la responsabilité que chaque membre de la communauté avait de manifester les conditions aptes à aider la communauté, faisaient que les paroles et actions négatives étaient tout de suite adressées et corrigées.

L’exemple le plus frappant de cette attitude est celui de la nation Kogi d’Amérique du Sud. À tous les soirs la communauté se rassemble et chacun confesse les pensées qu’ils ou elles ont eu pendant la journée qui n’était pas en harmonie complète, pure et total avec le bien. Il est ainsi très rare que ces pensées se traduisent en paroles offensantes ou même plus en gestes négatifs envers qui que ce soit. Car ce qui précède toutes nos paroles et actions, c’est la pensée. Ainsi, ce peuple prévenait avant même qu’elles ne s’expriment dans la vie, les pensées qui auraient pu créer un karma négatif.

Il en était ainsi dans le mode de vie de toutes les nations, bien qu’elles ne s’exprimassent pas d’une manière aussi puissante que les Kogis. Une vie au sein de la nature met l’être directement en face des lois de l’univers. Nos nations vivaient plus en harmonie et en unité avec la nature que la plupart des nations de ce monde. Ainsi, les méthodes de purification karmique étaient intégrées dans le mode de vie. Tout est en interrelation dans la nature. Tous les êtres, mêmes les pierres ont leurs places, leur rôle. Ainsi, on voit directement qu’une expression déviante ne subsiste pas, qu’elle disparait du monde. On voit le karma agir directement et spontanément autour de nous ainsi on comprend beaucoup plus vite notre responsabilité. On comprend plus facilement et immédiatement comment nous sommes responsables de chacune de nos pensées, paroles et gestes. À l’image de la nature est la responsabilité de chaque personne au sein d’une communauté naturelle.

Un autre exemple de cette attitude qui est très différente de l’approche des autres peuples, c’est que la punition physique n’existait pas et surtout pas envers les enfants. Les Premières Nations ont d’ailleurs été horrifiés de voir les premiers colonisateurs européens punir physiquement leurs enfants. De telles pratiques n’existaient pas pour de nombreuses raisons. Premièrement ils en avaient pas besoin. Il y avait de bien meilleures manières d’éduquer les enfants. Je vous laisse avec une de ces méthodes qui était vraiment plaisante.

Dans certaines nations, il y avait périodiquement des soirées de grand plaisir où les gens s’improvisaient en acteurs de théâtre. Ils faisaient des petits sketches pour faire rire la communauté. Ils imitaient les paroles et les actions de certains membres qui n’étaient pas complètement en harmonie avec la vie de la communauté. Les habitudes dérangeantes, la manière de parler qui était brusque ou offensante, ou d’autres manières que certaines personnes avaient qui avait besoin de correction. Ainsi, ces sketches faisaient bien rire, car de par leur imitation, ces personnes était immédiatement reconnaissable. Tous en avaient un peu fait les frais. Il était juste de pouvoir les mettre en lumière et d’en rire. Pour la personne visée, comme c’était en jeu, en rires, sans attaques, sans accusations, sans blâme, elle se devait elle aussi d’en rire, même si c’était un peu un rire jaune ! Alors, comment par la suite la personne pourrait-elle continuer d’agir comme ça ? Elle se verrait immédiatement comme les autres la voyait, comprendrait instantanément comment les autres la percevait, ainsi pourrait très difficilement continuer de telles manières de parler ou d’agir. La leçon était servie dans la bonne humeur, dans le respect et en unité avec la personne.

Cela ne veut pas dire que les communautés étaient parfaites. Il y avait quand même parfois des gens mauvais. La justice réparatrice était alors exercée, soit une punition intelligente qui tenait compte des victimes. La pire punition était l’ostracisme, l’exil. Mais c’était extrêmement rare.

Voilà, une réponse succincte et brève à une question fondamentale. Nous n’avons plus ces conditions aujourd’hui. Les communautés ont été remplacées par des sociétés gouvernées par l’argent. Le partage ne va pas de soi, c’est chacun pour soi. Mais, il est possible de ramener ces manières de vivre. Il faut l’esprit de famille et de communauté. Et en attendant, il existe d’autres techniques dont celles des tibétains.

Il a aussi un état d’être où le karma n’existe plus. La pure et totale conscience de l’être. L’état d’être où il n’y a plus de dualité, plus de sujet et d’objet, où il n’y a pas de différence entre ce que je vois et ce que je suis. C’est l’unité fondamentale avec le tout, celle qui crée tout ce qui existe. Cela se nomme Illumination, Éveil, Libération, Omniscience, la maitrise des éléments, c’est dans cet état que les miracles deviennent quotidiens. C’est la destination que nous cherchons tous et toutes, même si nous n’en sommes pas conscients. Lorsque nous serons cet état d’être, car nous y parviendront tous et toutes un jour, nous verrons qu’en fait nous ne le l’avons jamais quitté, que nous y étions depuis toujours, qu’elle était depuis le début, ce que nous sommes.

4 réflexions au sujet de “PURIFICATION KARMIQUE ET TRADITIONS AUTOCHTONES”

  1. Intéressant c’est qu’en Hawaï on a presque les mêmes habitudes, lire Hank Wesselman, The Bowl of Light, Ancestral Wisdom from a Hawaiian Shaman. Selon moi, un livre a lire et relire.

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  2. Quand on atteint l illumination on se rend compte que nos vies samsariques n ont jamais existées. On les voit comme des reves.et combien nous avons oui tjrs ete purs.

    Pour analogie, quand on se reveille le matin a t on l impression d etre la personne du reve qui devient julie le matin ou bien a t on l impression d etre julie depuis tjrs qui a fait un reve ?
    Quand on atteindra l illumination on se se sentira etre bouddha depuis tjrs qui a fait un reve. Le samsara. Quelle joie !
    A qui je m identifie ? L illumination est juste un changement d identification. Avec la conviction intime  » je suis bouddha ». En lachant notre je perturbé. Merveilleux !

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