LA SEULE CHOSE QUI PERDURE

Nous avons la vie dure ici sur terre. Malgré la merveille sans fin et toujours changeante de la création, la beauté sans limites de la nature, et l’expansivité infinie de nos expériences ont fini toujours par vieillir, tomber malades et mourir, si ce n’est de trouver sa fin subitement sans avertissement.

Tout est vide, temporaire, toujours changeant sauf une chose : l’esprit. Éternel, sans début ni fin, sans couleur, sans odeur, sans texture, sans aucune forme, expression ou contour, sans aucune manière de l’appréhender, la définir ou la cerner, l’esprit n’a qu’un aspect : la conscience.

Pourtant, on passe à côté toute notre vie sans en faire l’expérience, si ce n’est pendant quelques instants indéfinissables de béatitude qui se sont aussitôt évanouis. Car la véritable nature de la conscience, la nature véridique de l’esprit, est indéfinissable. Le mental ne peut l’appréhender. Elle est au-delà de la pensée et de tout concept. Tous les êtres saints, les êtres réalisés, ceux qui parviennent à la libération, à l’illumination, à la fin de tout attachement et se libèrent de tout, même de la mort, ont tous eu alors la même affirmation : cela a toujours été là !

C’est d’une énorme simplicité tellement que ceux qui y parviennent ne font plus que se détendre. La relaxation ultime vient lorsque nous parvenons à cette grande perfection de vivre constamment dans la conscience, dans notre véritable nature.

Nous sommes la conscience et la vie. Mais pourtant, nous avons couru après mille et une illusions, sans cesse à chercher à l’extérieure de nous, ce qui est caché au fond de nous. Et dans cette course incessante, nous avons semé et semé encore et encore les causes de nos errances et turpitudes, à tourner en rond sans fin en cherchant la queue qui nous échappe sans cesse, puisqu’elle nous appartient et qu’en courant après on s’en éloigne constamment.

C’est pourquoi il faut placer en premier dans nos vies la pratique spirituelle. C’est pourquoi, dans nos cérémonies autochtones, la première et plus importante cérémonie est celle du soleil levant. C’est la seule chose qu’on emporte dans la mort : notre cheminement vers la lumière. Les bonnes actions créent de bonnes situations, mais elles se consument et ensuite disparaissent, laissant place aux moments d’inconscience où nous avons commis de mauvaises actions, des paroles blessantes et des pensées malsaines, qui eux aussi créeront des situations pas toujours plaisantes ! Mais la pratique spirituelle nous reste toujours, elle conduit véritablement vers notre nature fondamentale, ce qui en nous est éternel. Ainsi, la seule chose que nous apportons lorsque nous quittons cette vie, la seule chose véritablement bien, bon, qui restera toujours et qui nous conduira un jour vers l’ultime lumière, la clarté fondamentale de l’esprit, c’est notre engagement envers la pratique spirituelle.

Il faut prier, faire des exercices appropriés et méditer. Il faut apprendre à prier à méditer, à faire les danses sacrées, il faut supplier les ancêtres pour qu’on puisse trouver et servir les maitres véritables, ceux qui perpétuent les anciennes traditions et qui font montre d’un grand dévouement dans leur volonté d’aider les autres. Car rien ne peut surpasser l’expérience que donnent ceux qui nous indiquent le chemin, le sentier de beauté. Car au final, la voie qui mène au cœur est celle qui nous conduit vers l’être, vers l’esprit, vers cette conscience qui est un et à la fois infini. Ce n’est pas définissable, mais un maitre véritable peut la transmettre de plusieurs manières.

Cette recherche de la voie se nomme pratique spirituelle. Lorsqu’on aura atteint l’autre rive, le rivage de notre propre conscience, qui est uni à toutes les consciences éveillées, alors on aura plus besoin de la pratique. C’est le chemin, la voie vers une destination ultime qui est au-delà de la mort. Alors, le temps presse de s’y mettre et de placer notre volonté en premier sur ce sentier.

L’expression qu’on les Tibétains pour cela m’a fait bien rire et me fait sourire à chaque fois que j’y pense. Pour faire ressentir dans une phrase l’urgence qu’il y a à se mettre à la pratique, ils disent : il faut méditer comme si on avait les cheveux en feu !!

4 réflexions au sujet de “LA SEULE CHOSE QUI PERDURE”

  1. Un texte rempli de lumière qui fait du bien. Merci.
    Veiller à toujours rester en connexion spirituelle avec l’univers et nos semblables, tout en restant ancrés – car après tout, pour le moment, nous vivons notre vie sur terre -, voilà le secret.
    Je pense que la joie et la paix sont en cet équilibre.
    Ceci étant dit, je crois que nous avons encore beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir méditer avec les cheveux en feu :D.
    Bonne journée à vous.
    Amitiés,
    Martine

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