LA MONGOLIE — PAYS DE LA LIBERTÉ

Chevaux sauvages de la Mongolie
Chevaux sauvages de la Mongolie

Les vastes steppes où les troupeaux de chevaux, de moutons, de chèvres, de chameaux, de bovins et de yaks errent à la recherche de l’herbe qui pousse partout et où il n’y a pas de clôtures, d’enclos, d’écurie, de boxes, de corral, mais que les vastes steppes à perte de vue, est la première chose qui m’a frappé en Mongolie. Les habitants sont ouverts et sympathiques. Nous sentons en eux une force qui vient de la nature brute, de la terre. Ils ressemblent étrangement aux Innus, ces Montagnais du Québec, Première Nation de la côte Nord, mais sans les souffrances que 500 ans de politiques de génocides ont imposées à nos nations ici.

Tai Sono - doctor
Tai Sono – doctor et cher ami de notre voyage. Il a guéris nombreux de nos maux.

Puis vient les chamans, des vrais, pas des chamans de pacotilles que nous retrouvons le plus souvent dans les sociétés occidentales, mais des hommes et des femmes de pouvoir, remplis de la sagesse de leurs aïeux avec le souci et l’humilité de toujours écouter et répondre aux demandes et enseignements de leurs ancêtres. C’était pour moi comme un vent frais, un esprit de vérité qui était à la grandeur d’un pays. S’il y a une chose que j’apprécie et que je trouve non négociable, c’est bien la liberté. La liberté pour moi c’est un droit inaliénable donné aux fils et filles du Grand Esprit. Je me retrouvais dans un pays où cette liberté n’était pas juste un slogan, mais bien une réalité tangible. Vous décrire le souffle de soulagement que j’ai éprouvé serait difficile ; il vous faut le deviner…

Nous avons visité bien des lieux touristiques, mais le plus intéressant fût sans conteste les 4 jours en camping sauvage entre quelques petites montagnes sous le grand ciel étoilé de la steppe. En quatre jours nous n’avons pas vu un seul avion ni une seule voiture. La seule technologie fut celle des éleveurs nomades venus nous visiter de la vallée d’à côté sur leurs petites motocyclettes qui remplacent de temps à autre les chevaux pour leurs petits déplacements. Aucune pollution lumineuse, offrant un ciel étoilé à couper le souffle! Jamais je n’ai vu autant d’étoiles ; je comprends pourquoi le Grand Ciel Éternel est une divinité pour les Mongols. Le ciel de la Mongolie est d’une vastitude infinie et inspire une musique et une poésie incomparable.

Notre partage avec les chamans mongols a été très intéressant. Mes étudiants européens toujours un peu pressés ont dû prendre leur mal en patience, mais il fut récompensé. Comme toutes choses dans la nature, il faut le temps de s’apprivoiser et pour les chamans mongols de préparer la rencontre avec leurs ancêtres. Nous avons eu de très belles cérémonies et de merveilleux soins de la part de tous les chamans présents. Ils ont témoigné à plusieurs reprises que cette 3e tournée chamanique avec des chamans d’un autre pays était unique et remarquable par la similitude de nos deux visions du chamanisme, l’ouverture que nous avions vis-à-vis de leurs pratiques, l’unité de notre groupe et l’ambiance chamanique qui prédisposait à des cérémonies puissantes et fécondes. Nous avons partagé bien des cérémonies. Pendant une cérémonie où un des chamans a incorporé un grand guerrier du passé héroïque de Gengis Khan, cet ancêtre demanda de rencontrer mes ancêtres, car effectivement ils sont eux aussi d’une culture de guerriers fiers et droits. Nous avons donc fait quelques jours plus tard une cérémonie ensemble.

en préparation de la rencontre des ancêtres mongol et amérindien
en préparation de la rencontre des ancêtres mongol et amérindien

C’était une journée très chaude sous un soleil de plomb. Plusieurs participants ont choisi de ne pas monter sur la montagne ayant peur d’être ainsi exposée sans protection et ombre à un si grand soleil. Pourtant, aussitôt que la cérémonie a commencé nous n’avons plus ressenti d’inconfort. Au contraire, nous avons été transportés hors du temps dans un espace magique incomparable. Dès le début, j’ai senti mes ancêtres qui sont toujours présent, arriver derrière moi et ensuite derrière eux 13 chefs guerriers, sur leurs chevaux indiens appaloosa portant le grand bâton de coup[1] munis d’une plume d’aigle. Voyant cela l’ancêtre mongol appela aussitôt 1000 cavaliers mongols qui d’un seul coup peuplèrent la steppe. J’en voyais les guerriers des premiers rangs, c’était vraiment très impressionnant. Et alors le dialogue entre nos deux sagesses s’entama. Pendant la cérémonie j’ai vu naître entre nous un grand vortex de lumière menant au cœur de la terre mère. Pas comme habituellement de couleur lumineuse blanche ou claire, il était de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. De ce vortex monta un grand cheval blanc. Aussitôt que ses sabots furent au-dessus du sol des chevaux plus petits de toutes les couleurs jaillirent de lui dans toutes les directions. Mon ancêtre me chuchota à l’oreille, « Ils portent vos prières dans toutes les directions ! »

Au cours de nos discussions, l’ancêtre mongol me demanda de prendre le vœu solennel de revenir encore les aider dans leur lutte contre les forces de l’ombre, l’argent et les grandes corporations qui ont investi le pays et qui détruisent les lieux sacrés à la recherche de l’or, enfouissant dans le désert de Gobi leurs déchets radioactifs. Je n’ai pas hésité, je me suis engagé à revenir. Du coup l’ancêtre me donna trois chevaux pour entériner notre pacte.[2] Nous avons alors chanté pour rassembler les nuages et venant de l’ouest aussitôt de grands nuages vinrent.[3] Nous avons chanté trois chants de fermeture et la cérémonie se termina. En rangeant nos médecines, un participant regarda l’heure. Nous avions tous l’impression que la cérémonie avait duré environ une heure, mais en fait 3 heures s’étaient écoulées.

Cette cérémonie de l’avis de tous ceux qui ont participé fut la plus puissante et impressionnante de toute la tournée. Effectivement, pour moi c’était la confirmation de tout ce que j’avais ressenti depuis le début du voyage. J’ai trouvé en Mongolie un peuple avec lequel je suis en harmonie spirituelle profonde. C’est le début d’une collaboration puissante et effective.

Mongolie - chamanisme (248)
Offrandes pour la paix mondiale

Je suis du même avis que mes frères et sœurs de Mongolie. Le chamanisme est universel et le chamanisme traditionnel est la seule spiritualité partagée par toutes les nations autochtones du monde. Il y avait des nations autochtones dans tous les pays du monde avant le « bulldozer » de la « si-vil-ilisation » avec sa corruption, ses mensonges et sa destruction de la nature et de la liberté des peuples. Tous les Hommes et Femmes du monde ont dans leurs lointains ancêtres des êtres qui vivaient en harmonie avec la nature. En créant cette unité, non pas seulement avec les peuples, mais aussi avec les forces et les pouvoirs de la nature, le chamanisme peut faciliter le retour vers les vraies valeurs, la santé de l’homme et la guérison de la terre. Nous avons beaucoup à faire, mais l’espoir est là. Il faut le courage et la persévérance d’un guerrier pour réussir contre des problèmes aussi immenses que ceux créés par les économies et les gouvernements modernes. Mais enfin je sais que les chamans mongols sont eux aussi engagés dans cette immense entreprise de guérison de l’esprit et de la Terre.

Il faut en premier offrir à ce monde de l’éducation, de l’enseignement. Comprendre les enjeux, la destruction à court et moyen terme de ce qui permet aux générations futures de vivre et que la solution serait le bonheur et la santé de l’homme peut beaucoup faire pour nous amener paisiblement vers un monde en harmonie avec la nature.

Nos luttes se doivent d’être pacifiques, dans les cours de justice, dans la transmission des faits et l’éducation du public, dans la désobéissance civile contre les abus de l’argent, mais toujours dans la non-violence à l’exemple de Gandhi. Nous sommes à l’aube d’un nouveau monde. L’esprit du guerrier perdure, mais son courage se doit d’être manifesté autrement aujourd’hui.

L’esprit du guerrier de lumière est souvent éteint chez ceux qui professent un chamanisme moderne. L’intégrité, l’impeccabilité, la détermination de ne jamais faire de compromis au système, la volonté de renforcir le corps pour qu’il ait la force de soutenir la lutte, le courage d’affirmer la vérité en toutes circonstances, le courage de la désobéissance civile pour défendre les causes importantes sont des traits que je trouve souvent absents chez les chamans modernes. Mes ancêtres m’ont enseigné cette culture du guerrier de lumière et je la porte fièrement, mais c’est une des premières fois que je la retrouve ailleurs et cette fois à la grandeur d’un pays ! Je suis dans la gratitude que l’esprit du guerrier existe encore autrement qu’en Amérique. Cette rencontre est significative et un grand soulagement pour moi.

Ainsi, je retournerai en Mongolie et nous nous verrons aussi dans d’autres pays. Notre pacte a été entériné dans l’esprit et dans la matière. Un jalon important pour créer l’unité de ceux qui œuvrent pour la guérison de la terre et de l’esprit de l’Homme. Que cette rencontre produisent des fruits qui bénéficieront aux générations futures.

enfants mongols en ballade
enfants mongols en ballade

Deux sociétés sont dans la mire des guerriers mongols. Déjà les bergers nomades ont protesté fortement dans la capitale Ulaanbaatar avec 100 cavaliers et des chariots a chevaux et ont érigé huit gers (yourts) là contre la société française AREVA SA avec leur filiale mongole AREVA MONGOL LLC qui exploite l’uranium en Mongolie. La plupart d’entre eux sont des bergers, qui sont venus à cheval de la campagne exigeant un arrêt aux activités minières qui détruisent leurs paturages et polluent l’environnement. Il semble que la violence et le secret entourent leurs exploitations et des journalistes étrangers ont été assaillis et ont dû instamment quitter le pays sans donner suite à leurs documentaires. Le plus grand site anti-nucléaire sur Facebook est de la Mongolie avec environ 10,000 membres. Voir l’information sur AREVA en Mongolie . L’autre est une société canadienne CENTERRA l’OR, une société d’extraction qui veut piller une montagne sacrée, le Mont Noyon, une montagne bénie dans la mémoire du peuple mongols, pour extraire de l’or. Seulement 34 % des revenus de cette exploitation resteraient en Mongolie. Voir les nouvelles ICI. Faites s’il vous plaît ce que vous pouvez pour soutenir le peuple mongol.

Paix en vos cœurs et courage sur le sentier.

ALBUM PHOTO ICI

Aigle Bleu

[1] Le bâton de coup était une épreuve de grand courage, le plus grand pour le guerrier amérindien, qui consistait à toucher l’ennemi avec un simple bâton et s’en tirer sans être tué.

[2] Ce don fut confirmé par le chaman le lendemain. Ce chaman nomade a renommé trois chevaux de son troupeau « les chevaux d’Aigle Bleu » et il les garde jusqu’à mon retour.

[3] Les nuages continuèrent à s’assembler après notre départ, toujours de l’ouest, nous donnant en soirée un bel orage avec de beaux éclairs, du tonnerre et de la pluie.

(4) L’album photo du voyage ICI

(5) Ci dessous dans les commentaires plusieurs témoignages de gens qui étaient du voyage.

8 réflexions au sujet de “LA MONGOLIE — PAYS DE LA LIBERTÉ”

  1. Bonjour,
    Je vais partir tout prochainement en Mongolie, auriez-vous un nom de village ou je pourrais rencontrer un chaman ? je sais qu’il y en a au Nord de Dornod.

    Merci

    Melissande

  2. Bonsoir !
    Québécoise vivant en France depuis de nombreuses années, je me prépare à un voyage en Mongolie. J’y serai le 8 octobre prochain. Je ne reçois que des signes dans cette direction depuis mon retour de voyage au Québec en juillet dernier. J’ai donc manqué le voyage avec Aigle Bleu… Ce que j’aurais aimé être de la partie, mais j’imagine que les grands esprits me prédestine à autre chose… Merci à tous pour vos magnifiques témoignages que je garde sous le coude pour le minimum d’organisation que j’apprête à faire.
    Gratitude pour tout ça !

  3. Bonsoir,
    Merci pour ces passionants récits, et la magie qui en ressort.
    Que vive cette Terre acceuillante sainement, que la pollution et les exploitations minières en restent loin…
    Gratitude
    Aline

  4. Voyage en Mongolie
    « Je viens d’arriver dans le camp de yourtes dans les bidonvilles extérieurs de la ville. Jolie yourte. Comme un cocoon. Une maison de poupée. Tout confort avec l’électricité. Un interrupteur datant de la dernière guerre : je prends une joute en l’activant … Mieux encore dans cette impression : la yourte cantine avec ses petites tables, ses tabourets, et de la vaisselle comme de la dinette. Fun !
    ….Magnifique coucher de soleil. La lune est presque pleine. Ronde. Comme un ventre de femme. Les chiens commencent à aboyer. Ils chantent et se répondent. Une « cigale » énorme et volante fait des va et vient au dessus de la yourte. Je revois ma journée à Ulan Bator : le temps suspendu, la chaleur étouffante (43 °C). Ville « africaine » et soviétique à la fois. Je pense à ce vieil Homme très digne, qui propose 500 tugriks (0.20 euros) pour se peser sur une balance des années 20. Dans son costume élimé, je le trouve très élégant. Son visage buriné par les années et le soleil. Un sourire jusqu’aux oreilles. J’ai plaisir à l’observer. Une vieille femme édentée vient s’asseoir à coté de moi, à l’ombre, sur la Rue de la Paix, la même qu’au Monopoly ( !). Enfin c’est à dire qu’elle prend place de sorte que ses fesses touchent les miennes. Je suis surprise de cette promiscuité imposée, dans un espace libre. Je découvrirai qu’en effet les mongols n’ont pas la conception de l’intimité. Une famille de 5 personnes vit souvent dans une seule yourte qui sert à la fois de cuisine, chambre, salle de bain et de salon d’accueil…Elle me sourit, elle me regarde avec curiosité et bienveillance. Je lui propose alors un cake aux carottes que j’avais mis 10 min à choisir dans une pâtisserie occidentale de la fameuse rue de la Paix… Elle semble ravie.
    Mars vient d’apparaître dans le ciel limpide. Qq fourmis parcourent ma peau. Un chat sauvage se dessine dans le ciel entre nuages et lumière lunaire. Il s’enfuit bien vite sous les aboiements des 1001 dalmatiens mongols.
    Pour revenir en bus de la ville, je dois prendre un bus pour Nujirbyan. Très bien, mais tout est écrit en cyrillique…. Peu de mongols parlent anglais. Et pourtant, j’ai trouvé le bon bus. Le bon arrêt.
    Merci la Vie pour chaque moment.
    Un énorme dragon vient d’apparaître dans le ciel gris et orangé. Il semble vouloir croquer la Lune comme un chips céleste. Il n’aura pas peur des aboiements, lui.
    ….
    Arrivée dans steppes. Des pics volcaniques verdoyants à perte de vue. Peu de forêts. De la flore alpine : renoncules, gentianes, orchidées, campanules, digitales… ! … edelweiss si nombreux que je ne peux faire un pas sous peine d’un écraser un. Un milan noir me survole à qq mètres seulement. Liberté infinie. De nombreux troupeaux se partagent l’espace : chevaux, yacks, chèvres et moutons. Qq chameaux par ci, par là. Paix et cohabitation. Sérénité. C’est juste bon…
    Je croise un enfant de 5-6 ans sur son cheval, seul, dans la montagne… il rejoint le troupeau de moutons et les ramènes vers la yourte familiale. Plus loin, des chevaux se câlinent, la crinière au vent. Ils s’appellent et galopent en « riant ». Un jeune veau très noir s’est endormi à qq mètres de moi, alors que le reste du troupeau s’éloigne au rythme des « schroums, schroums » de leur broutage et rumination…

    ….Les Mongols n’ont rien mais ils nous donnent tout. Enfin, ils ont l’essentiel : l’ouverture du cœur, la générosité, l’accueil. Au hasard d’une piste qui n’en est pas vraiment une, nous nous arrêtons à coté d’un campement de 2 yourtes. La famille nous fait entrer de suite dans la 1ére yourte. Nous nous asseyions, la mère nous offre alors du beurre, de la crème, des fromages. Des bols de lait circulent, puis un bol d’airag.
    Ce moment est un enseignement : et moi, comment j’ouvrirai ma yourte urbaine à des personnes que je ne connais pas ? est ce que je leur offrirai ma meilleure bouteille de vin d’orange ? ou de ce temps si précieux, temps après lequel je cours dans ma vie occidentale ?
    La Mongolie comme un retour aux sources d’amour ?

    … Au campement du bord du lac, en sortant de la douche, le ciel est gris-noir parsemés d’éclairs. Le vent se lève. Une belle tempête se profile. Il convient de rapidement fermer les toits des yourtes ! Vent fort, sable, pluie : la tempête est impressionnante et tellement soudaine.
    Je me mets à l’abri, derrière une fenêtre de la salle de repas. Les oiseaux on du mal à diriger leur vol pour rejoindre leur nid. Les éclairs sont royaux, sur le lac, soudain agité de mille vaguelettes blanches dans ce gris obscur. Les gris-bleus-noirs- du ciel sont illuminés de lézardes jaunes orangées. L’Univers se fissure ? Mais qu’y aura t il derrière ?
    En attendant, je files sur la grève, pour chanter sous la pluie …

    Je vous embrasse,

    Sylvia

  5. Témoignage sur le voyage en Mongolie avec Aigle Bleu
    Après un voyage en avion, entre Moscou et Oulan Batoor à admirer le coucher de soleil magnifique et le lever du jour quelques minutes plus tard avec les fuseaux horaire qui n’en finissait pas de se lever. Tout d’abord est apparu une très fine ligne lumineuse à l’horizon qui s’est au fil des heures transformée en une lever de jour lumineux puis le soleil a commencer à poindre très lentement, une boule rouge est apparu très lentement et a mis plusieurs demi-heures à sortir de l’horizon en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel. Ces images resteront pour toujours gravées en moi.
    Arrivée à Oulan-Bator, j’ai été dépité par cette ville hétéroclite où les immeubles sortent de terre anarchiquement sans tenir compte de ces habitants presque pire qu’en Europe.
    L’arrivé au camp de yourte hors de cette monstruosité, était le bienvenue. Le lendemain, la préparation de la cérémonie pour les chamanes mongole le soir était un pur bonheur.
    J’ai trouvé une harmonie dans notre groupe entre aide, bienveillance… qui m’a profondément touché.
    La cérémonie des chamanes Mongole a attiré des oiseaux qui babillaient, un d’entre eux a d’ailleurs honoré cette cérémonie en laissant tomber délicatement deux plumes juste derrière Aigle Bleu.

    Puis le lendemain départ pour la steppe, à perte de vu, rencontre avec les troupeaux chevaux, yack, moutons, chèvres…. des rapaces au bord des routes, immensité de ce paysage de verdure.

    Lors de la promenade entre le monastère et le camp de yourte, découverte de plantes semblables au plante française, survol d’un aigle pris en photo, observation d’un insecte terrestre d’environ 10 cm avec une grosse carapace, et comme une queue en arrière, moment magique.

    Magnifique paysage au sommet, avant une descente dans un goulet pierreux, où l’énergie était très puissante, les pierres et roches habitées de manière très forte, des arbres magnifiques avec des troncs splendides, et un silence méditatif.

    Le lendemain arrivé aux sources d’eau chaude, en pleine steppe, immersion dans les troupeaux de chevaux, de yack, un véritable délice. Accueil simple, à bras ouvert et plein de bonheur par la famille mongole dans une yourte pleine de couleur et de bien-être.

    Le lendemain je suis partie la journée avec mon tambour, ma pipe sacrée, découvrir les hauteurs environnantes. En grimpant à flanc de colline, j’ai été survolé par 5 oies sauvages blanches qui ont suivi les crêtes m’indiquant le chemin à suivre. Instant magique et merveilleux.
    J’ai suivi les crêtes ou je me suis installée pour offrir la pipe sacrée. J’ai été survolé par un aigle pendant tout le temps de la cérémonie, j’en frissonne encore. Puis j’ai médité et dansé dans ce lieu superbe à l’énergie puissante. Je reprends mon chemin et parviens à une forêt de pin qui pour un bon nombre sont mort, je la contourne et grimpe sur un rocher surplombant une autre vallée et j’offre à cette forêt un concert de tambour et de chant, et de nouveau j’aperçois un puis deux aigles qui tournent devant moi pendant cette offrande à ces lieux.

    La fin de la journée s’annonce et je retourne aux yourtes en ramassant les déchets que je rencontre dans la steppe, bouteille plastique, paquets de cigarettes….

    Le soir un festin nous attends, dans le mouton cuit au pierre chaude, cela ne m’enchante pas au premier abord, puis en voyant l’assiette arrivé bien remplie je commence a goutter et à ma grande surprise c’est délicieux, tendre, gouteux, doux je me régale et mange tout avec eux petit verre de vodka qui me font devenir rouge comme le soleil vu de l’avion en venant de Moscou.

    Le soir les mongoles nous offrent une première cérémonie pour harmoniser nos énérgies, je suis ravie d’avoir un del car effectivement le froid monte de la terre et je le supporte bien.
    Le lendemain Aigle Bleu offrait l’enseignement sur la pipe sacrée, et pendant toute la cérémonie un aigle à tourner en cercle en montant très lentement vers le ciel, jusqu’au moment où il as débranché la pipe. Là l’aigle s’est volatilisé en quelques secondes. Image indélébile, joie immense de ressentir l’interconnexion entre nos cérémonies et les habitants à plumes ou à quatre pattes de ces lieux encore sauvegardé.

    Lors de notre séjour dans la steppe 4 jours en tente, j’ai vraiment ressenti cette énergie très forte venant de la terre, et l’énergie puissante des ruisseaux.
    Un matin n’étant pas très bien je suis venue demander à Aigle Bleu un soin qu’il m’a offerts qui m’a fait beaucoup de bien. Juste après le soin je suis partie au bord du deuxième ruisseau comptant faire ma toilette loin de ces bords pour m’y baigner. En fait arrivée près du ruisseau, j’ai continué. J’ai longé pendant très longtemps en compagnie de papillons ce ruisseau alimenté par une multitude de sources venues directement de la terre et jaillissant tel de petits geyser. Plus loin dans un lieu que j’ai ressenti comme magique je me suis arrétée. Je suis entrée dans l’eau et en quelques minutes une multitude de papillons sont venus se poser sur moi. Je n’osais plus bouger de peur de les effrayer. Puis au bout d’un temps certain, je me suis décidée à bouger doucement, et les papillons restaient sur moi quand même, voletaient et venaient se reposer sur moi. C’est un moment en harmonie totale avec ces êtres volants. Je remercie de tout mon être ces moments intenses d’harmonie, d’interconnexion avec la nature que la terre de Mongolie m’a offerte. Ils ont continué ainsi pendant la promenade et lors de la méditation que j’ai fais au bord du ruisseau.
    Puis reprenant le chemin du campement, je suis passé auprès d’un endroit ou un mini geyser sortait de la terre, je me suis approchée tout doucement et alors un bruissement soudain, et une agitation soudaine de l’eau m’a fait sursauté, les esprits de l’eau dansaient. J’ai fait une offrande et leur ai demandé de prélever un tout petit peu d’eau dans une mini bouteille, ce qu’elles m’ont accordé. Je remercie et continue mon chemin en me dirigeant vers le lieu de cérémonies des chamanes mongoles. Je contourne la montagne et fait un détour en cercle pour arriver en parallèle au lieu. Au moment même où je parviens sur le lieu le chamane mongol qui est habité par les ancêtres arrive, je lui demande s’il a besoin de quelque chose et si je peux faire une offrande.
    Il me dis qu’il veut boire, je lui offre l’eau de la mini bouteille rempli de l’eau de source et lui verse dans son bol en argent. Il me propose d’aller auprès des offrandes et de méditer, ce que j’accepte joyeusement. Je médite un moment puis m’approche de lui et je lui dis que je vais au campement lui chercher de l’eau. Il accepte avec le sourire. Je descends au campement, demande 2 bouteilles d’eau et m’apprête à remonter vers lui quand on m’annonce qu’il faut monter au lieu de cérémonie pour recevoir les messages des ancêtres. Je remercie et me dirige vers le lieu avec les bouteilles d’eau que j’offre au chamane. Je n’ai pas regardé une seule fois depuis le matin un objet qui donne l’heure, et pourtant moi qui suis toujours en retard, j’étais exactement à l’heure et au bon endroit pendant toute la journée……… étrange mais véridique.

    Je n’ai pas trop apprécié le séjour au lac. Je n’ai d’ailleurs pas pu y rentrer mon corps refusant le contact avec l’eau du lac. Un matin de bonheur, je suis allée me promener sur ces rives, où le soleil m’a offert un magnifique levé plein de couleur et plein de plumes que j’ai offert le soir à chacun du groupe. Le séjour au lac reste mémorable pour cela, pour un concert au bord du lac que j’ai donné avec mon tambour et ma voix à un troupeau de moutons et chèvres. Ces dernières étaient debout bien campé sur leur sabot avant que je commence à chanter et au fur et à mesure elles se sont allongées en m’écoutant et me regardant, c’était extra, et magnifique.

    L’après-midi nous sommes pour ceux qui le voulaient aller faire la cérémonie avec Aigle Bleu et un chamane mongole guerrier à la rencontre de leurs ancêtres. Cela a été un très grand moment. Installée en pleine nature surplombant le lac, cette cérémonie avait une énergie très puissante, des échanges très fort et même si elle a duré 3 heures à 42° je ne m’en suis absolument pas aperçue. Je suis restée assise en plein soleil à 42 °alors que je ne tiens pas en place et ne supporte pas la chaleur, ni le soleil, et en pensant qu’une seule heure s’était écoulé… Le temps chamanique était bien présent pendant cette cérémonie comme elle l’a été pour moi très souvent pendant ce voyage quand j’étais en connexion et en harmonie avec la nature. Je remercie Aigle Bleu de m’avoir permis d’être un des tambour pendant cette cérémonie, tout comme il m’a permis d’être à une des directions (pour la danse des 4 directions lors de la cérémonie d’ouverture le premier soir avec les chamanes mongoles).

    En résumé, un voyage plein de couleur, de connexion avec la nature, en harmonie avec elle, de magnifiques cérémonies dont la dernière exceptionnelle, de plus nous avons bien avancés dans la cocréation de l’association Domaines pour la Terre. Un magnifique voyage, un peu terni par quelques personnes du groupe extérieur, et par les déchets que l’on trouve dans la steppe et surtout autour du lac.
    Il est grand temps que je regagne mon lit, je souhaite que ce témoignage soit utile.

    Amour, Paix, Gratitude

    Brinstailly
    la chaleur de la terre

  6. Mon voyage en Mongolie !
    Par Nelly – Aout 2016
    Décalage horaire de 6h, nous arrivons donc au petit matin à Ulaan Baator, petite nuit, dans l’avion nous voyons un coucher de soleil et 4h après le lever du soleil ! Puis il fait bon mettre les pieds sur la Terre !
    1h de bus et nous voilà dans notre campement de yourte, la chaleur va jusqu’à 40 degré dans la journée, et 10/15 degré la nuit… Le ciel est clair, les oiseaux sont un peu comme chez nous mais ils chantent différemment.
    Petit déjeuner d’arrivée : des bonnes crêpes pour se requinquer ! Mmm ! Les repas sont souvent les mêmes, beaucoup de beignets, crêpes, pain blanc, confiture, œufs pour le matin et féculents/viandes le midi… mais nous avons eu des cuisinières hors pairs qui nous servaient toujours des crudités, des petites gourmandises en dessert ! Oubliez votre côté végétarien ici, on se retrouve des racines nomade très vite et mangeons la meilleur viande du monde ! Alors j’ai due aiguiser mes crocs !

    Aigle joue de la guitare et je m’allonge à l’ombre, sur la terre de Mongolie, qui m’accueille et m’ouvre ses bras… sans me juger, elle me comble d’amour, me souhaite la bienvenue et je comprends ce que je suis venue chercher ! Cette Terre m’offre tout, alors que je viens juste d’arriver ! Je suis comblée et pourrais repartir déjà après un tel cadeau, je lâche prise et suis les vagues d’émotions qui me traversent…

    Dès le premier soir grosse cérémonie. Comme il a été convenu avec les chamans mongols que ce soit Aigle Bleu qui fasse l’ouverture nous voici donc comme élèves sollicités pour faire l’ouverture d’un vortex de lumière, avec un feu sacré, chants et danses.
    Sous la chaleur, préparation… mais nous voici déjà à l’heure mongol ! Donc pas d’heure ! Les chamans ne sont pas encore tous là et nous avons un groupe de musiciens qui nous attends. Nous voici à un concert avant de commencer notre cérémonie… Dès les 3 premières notes, c’est le choc ! Nous voici transporté dans un univers magique ! La musique et les voix étaient incroyables !
    Puis cérémonie ou nous avons le plaisir de voir apparaître un arc en ciel !
    Ensuite c’est au tour des chamans mongols de faire leur cérémonie. Ce sont des relayeurs incarnant leurs ancêtres. Devant le changement actuel de société, de plus en plus de personnes sont des relayeurs afin que les messages des ancêtres puissent se faire entendre. Cette capacité vient aussi de leur mode de vie qui est resté naturel, et leur liberté d’être qui n’a pas encore été trop touché. Après avoir mis leur costume, joué du tambour, les voilà relayeurs, l’esprit des ancêtres est incorporé, ils reçoivent offrande de lait, thé et tabac… Les ancêtres ont plus de 300 ans minimum, c’est ainsi souvent des guerriers, et leur langage est de type « moyen âge », ils utilisent un ancien parler pleins de figures de style, très poétique. Nous entendons leur voix et expression corporelle qui changent lorsque l’ancêtre est là. On ne peut pas inventer cela… Ici on ne s’improvise pas chaman. C’est la traductrice et organisatrice hors pair Meg Orso qui nous informe de tout cela car elle doit traduire leurs paroles et les adapter pour que l’on comprenne. Les ancêtres ont communiqué avec Aigle et la suite du voyage sera ainsi. Les ancêtres expriment des demandes que nous avons respectées durant le séjour. Puis le festin !

    La 2eme nuit, je me réveille à 3h du matin pour avoir le bonheur de voir la pluie tomber ! J’en profite pour faire une danse dehors ! Nous visitons des monastères, dont un tout petit suivi d’une belle balade dans des petites montagnes rocheuses. Les pierres nous montrent des visages, des élémentaux, et pleins de jolis choses encore.

    Nous sommes accompagnés par 6 chamans, dont 2 femmes, et un docteur ! Alors nous voilà entre de bonnes mains si nous sommes malades ! J’ai jeûné une journée pour rétablir mon corps qui commençait à souffrir du gluten… Ensuite, j’arrivais de nouveau à manger ce qui était proposé et même en quantité, mon corps s’est adapté !

    Nous passons 2 jours auprès d’un éleveur nomade, belle vue sur la plaine et au loin, un grand tipi bleu qui fume… la Source Thermale !!! C’est l’une des dernières encore restée à l’état sauvage, elle a été préservée des requins de la finance et donc pas de station payante ici !
    L’eau est bouillante et des participants ont eu la chance de rencontrer une connaisseuse qui leur indique les petits endroits sur le site avec des panneaux ou les sources coulent très peu, mais où chaque source est pour un organe différent : estomac, yeux, oreilles, etc, et sous le tipi rituel c’est le cœur…
    Alors j’en profite pour boire, me purifier, c’est une source extrêmement puissante et nous avons vraiment de la chance d’être là 3 jours… J’y serais bien resté tout le voyage ! La déesse de cette source était vraiment très présente… ce fut un honneur de la rencontrer.
    Ici l’eau est extrêmement importante et respectée. Nous devons nous laver dans des bassines et jeter l’eau sale loin de la rivière, ensuite seulement nous pouvons aller dans l’eau. Ce qui est très paradoxal vu le nombre de déchets trouvé dans les steppes et bord des routes : tout est jeté, la pollution se fait dans les plaines… et la consommation est malheureusement beaucoup de bouteilles de soda, et paquet plastique de tout genre.
    Nous avons eu droit à un vrai barbecue nomade de mouton, chauffé aux galets… Alors de végétaliens crudivores, nous voici carnivore à nous en donner à cœur joie !

    Nous avons aussi passé 4 jours en camping dans les steppes, sans aucune vie alentour, vraiment que la nature ! Entre 2 petites montagnes et avec 2 belles rivières, nous dormons sous tentes. Durant ce temps en nature, nous sommes chacun à notre tour invité à rencontrer les ancêtres des chamans mongols et Aigle Bleu, qui nous donnent des conseils et des traitement.
    Le soir, le ciel est magnifique, les étoiles brillent intensément et parfois nous avons la chance de voir des étoiles filantes. Nous avons souvent des discussions le soir et il fait très froid, j’ai mis souvent un bonnet et mon del. C’est le vêtement traditionnel là-bas, nous en avions commandé avant notre arrivé. Nous sommes vraiment bien au chaud dedans. Un del se porte avec une ceinture. Un jour, j’avais oublié ma ceinture et arrivée à un monastère, je ne pouvais pas rentrer sans avoir mis correctement le del, tout les boutons et la ceinture ( une amie me prête son écharpe ), alors je me fais relooker par les Mongols et une femme m’attache l’écharpe à la taille, ouf ! Comme si on m’avait mis un corset ! Voilà, je suis enfin prête pour entrer dans le monastère ! Une autre fois aussi je me fais arrêter dans la rue par une femme mongol qui me rhabille… c’est rigolo !

    Nous nous arrêtions parfois devant des Ovoo : statues commémoratives ou sites sacrés dont nous faisons le tour 3 fois toujours dans le sens du soleil et donnons une offrande.
    Nous avons aussi été près du Lac Ogui dont une après-midi nous avons assisté à une grande cérémonie assez intense sur la montagne en plein soleil, entre les Ancêtres d’Aigle Bleu et d’un chaman Mongol guerrier. Le soir, c’est la tempête et des rafales de vent incroyable avec de la pluie !

    Nous nous arrêtons à un moment auprès d’une famille nomade en pleine steppe. Ici même si tu ne connais pas, il y a une hospitalité naturelle, nous avons le droit à des offrandes de nourriture que nous ne devons pas refuser au risque d’être impoli !
    D’habitude, on a droit à du fromage dur, la crème du lait qui ressemble à du beurre fouetté, parfois de l’alcool de lait, et du lait fermenté ou le thé traditionnel ( lait avec du thé et de la viande de mouton ).Une famille nous offre aussi du genévrier de montagne pour nos encens, super !
    Lorsque nous offrons des présents, ils ne les regardent pas, ils restent dans leur paquet. Finalement tu ne sais pas si tes cadeaux vont plaire ou non… Mais c’est aussi un avantage car tu ne vois pas si l’autre est déçu de ce que tu offres.

    Voilà un voyage qui s’est bien passé, le retour en avion, tranquille comme à l’aller, les douanes super détendues. Depuis, je me souviens de mes rêves la nuit !

    Les chamans surtout les femmes sont très impliquées pour la sauvegarde de leur terre, et elles font une résistance contre les grosses industries et les lobbies qui veulent piller les sols et les lieux sacrées. Nous avons passé un bon moment à parlé de cela puisque Areva en France pollue et détruit en ce moment dans le désert de Gobi. Ils mettent en avant qu’ils font des recherches, alors que les populations tombent malades et que des espèces commencent à être en voie de disparition… Il y a aussi une autre compagnie du Canada… et d’autres bien-sûr qui sont en train de s’attaquer à ce pays. Donc, c’est aussi pour cela que les chamans Mongols et Aigle Bleu se sont bien entendus car ce sont des guerriers de Lumière, ils ont la même optique de guérison de la Terre et le souci de trouver ensemble le moyen de contrecarrer cela…

    La Mongolie est une Terre d’accueil qui vient réveiller des mémoires ancestrales… et le retour à un mode de vie proche de la Nature et de notre nature. Une expérience incroyable qui continue à infuser dans mon quotidien et dont l’impact a été très bénéfique à tous les niveaux.

    Je remercie grandement toute l’équipe qui était à nos petits soins, ainsi que Meg d’Orso Voyage, qui était toujours présente pour que nous passions un très agréable séjour !

    A très bientôt la Mongolie !

    Femme du Dragon Papillon

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