Dans la vie autochtone, indigène, proche de la nature, en harmonie avec la terre-mère, il y a une proximité humaine qui est chaleureuse et remplie de compassion. C’est l’état naturel de l’être humain. Lorsqu’on partage tout ce que la vie nous apporte, qu’on vit proche les uns des autres, où la contribution de tous est nécessaire pour accomplir les tâches quotidiennes, il y a un état de transparence et de complicité qui simplifie la communication. Lorsqu’on est en bonne communication, dans la compréhension de l’autre, il y a un degré d’acceptation et de tolérance qui pour nous en société est quasi impossible à comprendre.
Le plus simple pour tenter de saisir ce qu’un tel climat communautaire produit c’est les relations avec les enfants. Les enfants sont presque toujours au cœur de toutes les activités. Ils jouent mais sont proches et témoins de tous les travaux quotidiens. Ainsi, il n’y a pas besoin d’envoyer les enfants être supervisés par des étrangers dans un cadre séparé du milieu familial pour les préparer à être des adultes. Rendu à l’adolescence tous les jeunes ont déjà les compétences et les habiletés nécessaires pour accomplir les travaux qui sont nécessaires pour la vie de la communauté. Il est remarqué par tous les témoins de ces situations communautaires chez les autochtones que les enfants pleurent très peu, ne sont presque jamais en crise ou en souffrance émotionnelle, qu’ils s’intègrent naturellement dans toutes les situations à quelques exceptions près, par exemple la chasse et la défense qui sont l’affaire du clan des guerriers. Aussi, cette proximité permet de constantes démonstrations d’affection et d’amour de la part des parents, des grands-parents et des amis. Les enfants grandissent avec une confiance dans ce qu’ils et elles sont, de par cette acceptation intrinsèque vécue au quotidien.
Je vous laisse faire la comparaison avec ce que les enfants vivent aujourd’hui et les problèmes que cela suscite. Le but ici est de déterminer les enseignements que nous pouvons tirer de la compréhension de ce que nous avons perdu.
Toutes les spiritualités du monde enseignent le pardon et la compassion. En fait, le ressentiment ne fait de mal qu’à celui qui l’éprouve et non pas à ceux qui sont la source de cette émotion. C’est un poison terrible que la jalousie, le ressentiment, qui peuvent se manifester comme vengeance et autres actions pour nuire à l’autre avec les conséquences karmiques que cela produit. Cela contamine la vie de tous ceux qui sont témoins ou en relation avec les personnes qui produisent ou subissent ces pensées, paroles et gestes destructeurs. Cela réverbère en résonance harmonique à travers les lieux qui gardent une empreinte de ces déviations de la conduite humaine.
La vie autochtone n’est pas parfaite. Nous sommes tous humains. Mais la nécessité de devoir collaborer et d’avoir une vie simple en proximité avec toutes les lois de la nature (il n’y a pas de mensonge dans la nature) fait que les circonstances conduisent plus naturellement à la clémence et la tolérance.
Je pourrais citer des centaines d’exemples de cette acceptation et tolérance qu’on observe comme attitude naturelle dans les communautés autochtones. Le mot clef ici c’est communauté.
Notre vie actuelle est basée sur une relation financière et se nomme société. C’est une technologie extrêmement déviante, synthétique, artificielle qui crée des divisions et des séparations entre ceux qui ont peu, moyennement ou beaucoup de ressources financières. Cela est illustré à un niveau gigantesque et tellement grotesque dans les comportements de certains dirigeants d’état actuellement. La bêtise et l’hubris qui affectent et détruisent la vie de centaines de milliers d’enfants et de femmes à travers le monde, cette arrogance de ceux qui détiennent des moyens financiers colossaux appelle à être transformée.
La destruction de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains est la résultante de cette technologie monétaire qui sévit depuis maintenant environ 5000 ans. C’est peu dans l’histoire de l’humanité. Il faut s’adapter. Il faut trouver les aptitudes, et des attitudes dans nos relations humaines qui sont propices à la clémence, la tolérance, le pardon et l’acceptation. Tous les humains veulent être heureux. Avec cela en commun nous pouvons fixer les objectifs qui nous conduiront vers la compréhension de l’autre, vers l’acceptation des différences, vers un mode de vie qui stimule la joie, l’amour, la paix et la lumière de notre être véritable. Nous sommes des manifestations du Grand Esprit avec un potentiel infini. En collaborant ensemble, en formant des communautés virtuelles, territoriales, urbaines, rurales, organisationnelles, nous pouvons recréer des situations où ces sentiments et leurs vertus évolutives s’épanouiront pour le plus grand bien de toutes nos relations, dans le respect de tous les êtres.
Bon weekend à tous et toutes. Avec amour.
🦅